Profil de l’industrie des fonderies canadiennes
Les pièces de fonte constituent la première étape dans la chaîne de fabrication à valeur ajoutée et sont utilisées dans la production de la plupart des biens durables. Les activités des fonderies ont toujours été variées et complexes, et le sont devenues encore plus. L’industrie a changé de fond en comble au cours des cinq à dix dernières années. Les fonderies ne produisent plus seulement des pièces de fonte brute. Aujourd’hui, nombre de fonderies modernes conçoivent les pièces, fabriquent l’outillage, coulent les prototypes, moulent le métal, l’usinent, l’assemblent et produisent un composant ou un assemblage prêt à installer dans la chaîne de montage du client. Donc, le secteur des fonderies ne s’occupe plus uniquement des activités de fonderie. Bien des fonderies sont des concepteurs, des fondeurs, des ajusteurs et des monteurs de pièces à valeur ajoutée.
« Aucune société industrielle n’a réussi sans une industrie des fonderies trépidante. » – Michael Promoli
Il existe actuellement environ 200 fonderies au Canada. Les membres de l’AFC se composent de grandes, de moyennes et de petites fonderies. Certaines produisent des pièces adaptées tandis que d’autres se livrent à des activités de base. Les constructeurs et les industries desservis par les fonderies comprennent le secteur automobile, la construction, l’agriculture, la foresterie, les mines, les pâtes et papiers, les machines et l’équipement de l’industrie lourde, l’avionnerie et l’aérospatiale, la plomberie, les tuyaux d’égout, les pièces qui servent à la voirie, la défense, les chemins de fer, l’industrie pétrolière et la pétrochimie, la distribution électrique et une foule de marchés spécialisés.
Dans les fonderies, la matière première est constituée surtout de métal recyclé. Le métal vierge compte pour une très petite partie de formules spécialisées, et est également utilisé dans certaines fonderies d’aluminium et de laiton. On y utilise une vaste gamme de technologies et d’équipements, selon le type de métal façonné, la situation de l’entreprise et l’état de l’usine des différentes compagnies. La grande consommation d’énergie par unité de production de même que le pourcentage du total des coûts d’exploitation en sont le dénominateur commun.
Par son utilisation de la ferraille de recyclage, l’industrie de la fonderie des métaux contribue pour beaucoup à la conservation des ressources naturelles et de l’énergie. Néanmoins, les fonderies canadiennes sont de prodigieuses utilisatrices d’énergie – on estime qu’elles consomment quelque 6 300 TJ (ou 1,75 milliard de kWh) d’énergie tous les ans. Selon le type d’alliage de métal coulé, la technologie utilisée et l’âge de l’usine, la consommation d’énergie (et sa valeur dans le coût total d’exploitation) peut varier énormément. Cela est illustré dans le tableau « Données repères énergétiques dans les fonderies » à l’appendice 5.2 qu’il vaut la peine de consulter.
Veuillez noter : Habituellement, la tonne de 2 000 lb (américaine) est utilisée comme unité de mesure dans les fonderies. Pour des motifs de normalisation et afin de faciliter les comparaisons internationales et entre les industries, le système international SI (métrique) sera utilisé dans le présent guide (une tonne métrique [t] = 2 204,6226 lb = 1,10233113 tonne [impériale]).
À l’heure actuelle, il semble y avoir un manque de données fiables concernant la production totale et les données repères des fonderies canadiennes; aucun organisme comme tel ne conserverait ces données. L’AFC se penche présentement sur ce problème et envisage que son enquête annuelle sur l’industrie, qui collecte des données précises sur les fonderies, soit incluse dans le programme de Statistique Canada1. On pourrait produire les données nécessaires en fonction du Code de la classification type des industries (CTI). L’OEE de RNCan possède également des données liées à l’énergie auxquelles nous pourrions accéder. L’Association compte poursuivre la collecte des données sur la production.
Composition de l’industrie des fonderies
Tendances dans l’utilisation de l’énergie
Au cours de la dernière décennie, le type d’énergie utilisé a connu une évolution marquée vers l’électricité et le gaz naturel. Pendant que les fondeurs d’aluminium augmentaient l’utilisation du gaz naturel pour la fusion, les producteurs de fer ont adopté davantage les fours électriques à induction. Vers 1980, on comptait 40 cubilots au coke produisant près de 1 million de tonnes de fer (ou 75 p. 100 du total). La capacité de fusion de ces fours est bien des fois supérieure à celle des plus grands fours électriques à induction. La fonction efficacité mise à part, les pressions environnementales et réglementaires, de même que l’équipement antipollution coûteux que les activités des cubilots exigent désormais, ont ramené leur nombre à environ 12 appareils, dont la production est évaluée à 360 000 tonnes aujourd’hui.
La hausse rapide des prix du gaz naturel en 2000 et la déréglementation du marché de l’électricité ont rendu évidente la nécessité de s’attaquer aux questions d’efficacité énergétique. Dans la production de fonte grise, la fusion compte pour 66 p. 100 de la consommation d’énergie. Dans les aciéries, elle est de 50 p. 100 et dans les fonderies de laiton et de bronze, le chiffre s’élève à 38 p. 100. Comme on peut le voir à l’appendice 5.2, en moyenne, le contenu énergétique total d’une tonne de bonnes pièces de fer (expédiable) est de 50 p. 100 et plus. Dans les pièces d’acier, il s’agit de 60 p. 100 et plus, et dans les pièces de laiton et de bronze, de 100 p. 100 de plus que l’énergie requise pour faire fondre une tonne de métal. Ce fait est attribuable à toutes sortes de rendements déficients.
1 Comme le pistage de la consommation de l’énergie dans l’industrie des fonderies au Canada n’est pas systématique, certains des tableaux et des figures utilisés dans le présent guide ne sont qu’indicatifs.