Secteur industriel
S’inspirer en vue des possibilités de gestion de l’énergie
2.1 Pratiques générales de gestion dans une fonderie
2.1.1 Conception du bâtiment et aménagement
L’occasion de concevoir une fonderie et de préparer un schéma efficace des procédés et de l’équipement se produit rarement. Il s’agit d’un sujet complexe, bien au-delà de la portée du présent guide. Pour essayer de trouver une solution idéale, il faut concilier beaucoup d’exigences souvent conflictuelles. Par exemple, une nouvelle fonderie doit :
- utiliser l’espace disponible dans le bâtiment de façon optimale;
- faciliter le flux naturel du processus, avec un accès facile pour le transport, les opérateurs et l’entretien dans la fonderie;
- offrir un lieu de travail sain et respectueux de l’environnement;
- prévoir la future expansion de la fonderie de sorte qu’elle pourrait fusionner organiquement avec les activités actuelles;
- réduire les distances de transport des matériaux (p. ex., la ferraille, les rendus, le sable, les moules) et convoyer les métaux fondus;
- prévoir un entrepôt sec et à température ambiante pour les matières premières, en particulier la ferraille;
- inclure une disposition pour utiliser toutes les occasions importantes de conservation de l’énergie, décrites ailleurs dans le présent guide;
- disposer de systèmes efficaces de ventilation et de dépoussiérage, qui font appel à des sources disponibles locales de chaleur perdue pour le chauffage en hiver.
Du point de vue de l’énergie, le plus gros problème de planification consiste à alimenter les fours de ferraille et de rendus, et de faire parvenir le métal en fusion à l’écoulement de façon aussi efficace que possible. La planification médiocre de ces deux systèmes de convoyage essentiels peut de fait doubler les coûts énergétiques !
On peut procéder à une planification appropriée de l’évacuation localisée de la poussière ou des émissions produites par des appareils, après le stade de la conception du schéma de production plutôt qu’avant. Sinon, cela entraînerait un surdimensionnement des systèmes de ventilation de la fonderie, ce qui gaspillerait l’énergie pour effectuer les changements d’air et réchauffer l’air d’appoint.
La nouvelle fonderie doit tendre vers un niveau de rendement plus élevé que ce qui existe, dans chaque aspect. L’obligation d’améliorer l’efficacité énergétique doit faire partie de la conception et être quantifiée car cela offre une contre-vérification utile. La fonderie actuelle peut comparer la consommation d’énergie spécifique, X, en MJ/kg de produit (unité de produit), à la consommation d’énergie spécifique prévue, Y. tiendrait compte de toute l’énergie importée dans les activités, de laquelle l’énergie récupérée par les nouvelles caractéristiques de conservation de l’énergie du projet (comme l’eau chaude pour chauffer le bâtiment en général, la vapeur provenant d’une installation de cogénération) a été soustraite. L’efficacité énergétique de la nouvelle fonderie s’exprimerait alors comme suit : E (%) = [(X – Y) / X] X 100.
Cette approche, pratiquée par certaines grandes entreprises industrielles bien connues fait en sorte que les caractéristiques d’économie d’énergie sont intégrées dans chaque nouveau projet d’immobilisations, qu’il s’agisse de bâtiment, d’une conduite de coulée ou d’acquisitions individuelles d’équipement.
Chaque nouveau projet doit faire face à des compromis entre ce qui est souhaitable et ce qui est possible étant donné les limites du projet, comme le budget, les locaux, etc. L’efficacité énergétique d’un projet est l’un des critères que l’on peut soumettre à ces considérations. L’explication d’une technique simple à employer pour juger des effets qu’ont les compromis sur un projet est décrite à la section 3.3 du présent guide.