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Secteur industriel

Introduction

1.1 Guide

Le présent guide se veut une source pratique d’information à l’intention des producteurs de chaux et des entreprises de calcination du Canada. Facile à consulter, il présente des domaines potentiels d’économie d’énergie et de réduction des coûts connexes dans les installations de production de chaux et les activités de transformation.

L’auteur présume que les lecteurs connaissent les activités de transformation de la chaux et ont les connaissances requises pour adapter les conseils fournis dans le guide en fonction de leurs applications et de leurs installations particulières.

L’achat d’énergie n’est pas une dépense fixe mais plutôt une variable puisque son coût peut varier. Le présent guide peut servir de référence pour aider les entreprises à mettre elles-mêmes au point des processus de vérification et d’évaluation de la consommation d’énergie.


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1.2 Économie d’énergie et efficacité énergétique

Lorsque l’on parle de la quantité d’énergie utilisée ou économisée, on emploie souvent deux termes l’un pour l’autre : «  économie d’énergie  » et «  efficacité énergétique  ». Ces termes ont des significations légèrement différentes, mais désignent tous les deux une diminution de la quantité totale d’énergie consommée. Quoi qu’il en soit, il importe d’examiner l’incidence des mesures d’efficacité et d’économie sur les taux de production et la qualité du produit.

L’économie d’énergie a trait aux mesures qui réduisent la quantité totale d’énergie consommée. Ces mesures visent habituellement à diminuer le gaspillage ou à éliminer les étapes ou les activités non essentielles. L’économie d’énergie est exprimée en unités d’énergie économisée. Comme exemple de mesures d’économie, mentionnons le fait d’éteindre les lumières des pièces non occupées, l’utilisation de thermostats programmables ou la réduction du temps de préchauffage d’un four. On réalise souvent des économies simplement en modifiant les procédés ou en établissant un horaire des activités. En outre, des économies considérables peuvent être réalisées à peu de frais.

Le terme « économie d’énergie » est encore terni par l’image négative des toutes premières mesures mises à l’essai qui consistaient parfois à « ne pas consommer d’énergie ». Les méthodes modernes d’économie efficaces sont celles qui permettent d’atteindre des résultats similaires, voire supérieurs, tout en consommant moins d’énergie.

Le terme « efficacité énergétique » a trait à une utilisation plus judicieuse de l’énergie, de façon à maintenir le niveau de production et à fabriquer des produits de qualité similaire ou supérieure tout en utilisant moins d’énergie. Afin d’améliorer l’efficacité énergétique, il est habituellement nécessaire d’investir des capitaux et d’avoir recours à des technologies plus éconergétiques. Par ailleurs, afin de mesurer l’amélioration de l’efficacité énergétique, un niveau de référence doit être établi. Ce dernier peut être une étape d’un processus ou d’une activité « avant la prise de mesures », une installation ou un processus de référence. L’efficacité énergétique, c’est-à-dire la différence de la quantité d’énergie réellement utilisée, est habituellement exprimée en pourcentage. Ce gain en pourcentage est uniquement applicable au rendement énergétique du matériel concerné. Comme exemple de mesures d’efficacité énergétique, mentionnons le remplacement des dispositifs de chauffage par des systèmes infrarouge, l’amélioration du brûleur d’une chaudière ou le préchauffement de l’air de combustion d’un four.

Aux fins du présent document, on ne fera pas de distinction entre les mesures d’efficacité énergétique et d’économie d’énergie ou encore d’amélioration. Elles seront simplement appelées mesures d’efficacité énergétique.

La gestion de l’énergie consiste en un plan d’amélioration continu qui vise à intégrer l’économie d’énergie et l’efficacité énergétique aux activités d’une entreprise. On définit la gestion de l’énergie comme étant l’utilisation judicieuse de l’énergie pour atteindre des objectifs préétablis. Il faut souligner qu’une saine gestion de l’énergie ne doit pas réduire l’efficacité de la production ni la qualité du produit.

Une saine gestion de l’énergie est également bénéfique pour l’environnement. En diminuant sa consommation d’énergie, une entreprise réduit la quantité d’émissions et de polluants relâchés dans le sol, l’atmosphère et les eaux. Les entreprises devraient tirer parti de tous les crédits et des relations publiques positives découlant de la mise en oeuvre de mesures d’efficacité énergétique. Dans certains cas, les avantages environnementaux peuvent compenser les coûts liés aux mesures d’efficacité. Avant de passer à l’action, une entreprise devrait, selon les stratégies qu’elle a adoptées, communiquer avec les services publics locaux et des organismes gouvernementaux afin de déterminer si des programmes d’aide sont offerts. L’annexe propose une liste de personnes-ressources de l’industrie.

La plupart des programmes d’efficacité énergétique et d’économie d’énergie tiennent compte de tous les services publics, y compris toutes les sources d’énergie, l’eau achetée ou traitée et les égouts, de même que des services secondaires, comme la vapeur ou l’air comprimé produits sur place.

Étant donné que l’achat d’énergie représente la majorité des coûts totaux liés aux services publics, on utilisera « énergie » comme terme générique dans ce document, réservant le terme « services publics » pour désigner les fournisseurs de services ou les entreprises locales de distribution.

Enfin, le présent guide n’a pas pour but d’examiner tous les domaines où des économies peuvent être réalisées, mais plutôt de présenter les cas types les plus pertinents pour l’industrie de la chaux. Par exemple, en raison du peu de possibilités d’utiliser de la chaleur à basse température, le guide ne recommande pas l’examen des possibilités de récupération de la chaleur des compresseurs d’air ou des moteurs ou la mise en oeuvre de mesures à cet effet.


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1.3 Environnement

Les mesures d’efficacité énergétique ont une incidence directe sur les émissions et l’environnement. En raison de l’intérêt manifesté par la population lors des sommets de Rio et de Kyoto, où ont été établis d’ambitieux objectifs de réduction des émissions liées à la consommation d’énergie, toutes les mesures prises devraient être inscrites, peu importe les économies réalisées.

L’organisation Mesures volontaires et Registre inc. du Défi-Climat canadien (MVR inc.) fait connaître à la population les engagements des entreprises et leurs progrès au chapitre de la réduction des émissions. MVR inc. vise en partie à reconnaître les entreprises qui ont pris volontairement des mesures hâtives. On prévoit qu’en faisant état des mesures prises, les entreprises inscrites pourront donner un effet rétroactif à leurs efforts si les échanges de droits d’émissions entraient pleinement en vigueur.

Au moment de la préparation du présent guide, six des huit entreprises membres du Canadian Lime Institute (CLI) avaient inscrit et soumis leurs plans auprès de MVR inc. Elles représentent 75 p. 100 des entreprises membres et environ 57 p. 100 de la capacité nominale annuelle du CLI.

On peut obtenir un aperçu du programme et des avantages que procure une inscription auprès de MVR inc. en communiquant avec les responsables du programme (voir l’annexe).


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1.4 Aide des services publics et du gouvernement

La plupart des services publics ont des représentants techniques itinérants qui peuvent aider les entreprises à mesurer leur consommation d’énergie à court terme et fournir de l’information technique pour faciliter la prise d’une décision sur l’opportunité d’un projet d’efficacité énergétique. Le degré de connaissances ou de soutien varie selon l’engagement du service public envers sa clientèle. Avant de demander de l’aide sur place, il est recommandé de vérifier les coûts ou les tarifs des services souhaités.

Un grand nombre de services publics locaux ont pour mandat de collaborer avec leurs clients afin d’assurer que l’énergie qu’ils fournissent est utilisée le plus efficacement possible. On a élaboré des programmes de gestion axée sur la demande (GAD) pour favoriser l’adoption de mesures d’efficacité par les entreprises, dans le but de faire en sorte que les consommateurs acceptent d’emblée les solutions plus éconergétiques. Il y a trois principaux types d’aide : la sensibilisation, le marketing de produits à haut rendement énergétique et la technologie. Certains services publics continuent d’offrir une aide financière sous forme d’incitatifs ou de subventions.

Les services publics offrant des programmes de GAD font état à leurs organismes de réglementation des économies d’énergie résultant de ces activités. Afin d’être admissible à une aide financière, une entreprise doit faire accepter ses projets avant de les mettre en oeuvre. À l’heure actuelle, la réduction des émissions et les crédits connexes sont attribués aux clients et non aux services publics. Avant de déposer une demande d’aide financière ou d’incitatif auprès d’un service public, il importe de vérifier la politique en vigueur.

Dans les années 1980, on a exercé considérablement de pression pour augmenter l’efficacité énergétique dans le secteur industriel. Les services publics et les pouvoirs publics ont consacré passablement de temps et d’efforts pour aider les consommateurs à cerner les possibilités d’économies d’énergie, habituellement à peu ou pas de frais pour les clients. Un grand nombre des rapports préparés à cet effet ont été mis sur les tablettes avant que les recommandations n’aient été entièrement examinées ou mises en oeuvre, en partie en raison du faible coût de l’énergie. L’attention est maintenant tournée de nouveau vers l’avantage concurrentiel d’une efficacité énergétique accrue. On encourage les entreprises à examiner leurs archives pour trouver les suggestions et les recommandations déjà formulées et qui sont désormais réalisables en raison du coût de l’énergie ou des changements sur le marché (c.-à-d. que, pour un produit dont la valeur a augmenté, il sera désormais rentable d’accroître la production à l’aide d’un appareil éconergétique).

Quoique les programmes gouvernementaux puissent évoluer, des services et de l’aide financière sont actuellement offerts en raison de l’importance présentement accordée à la réduction des émissions. La prestation de services techniques pour les projets ou les programmes nouveaux ou de pointe est une initiative intéressante. Par le biais du programme conjoint À LA SOURCE du gouvernement fédéral et de l’Alliance des manufacturiers et des exportateurs du Canada, l’industrie peut embaucher à peu de frais des spécialistes sans emploi pour des projets dans les domaines suivants :

  • hygiène et sécurité du travail
  • réduction des déchets solides et gestion des déchets
  • gestion de l’énergie
  • gestion de la qualité et de l’environnement

L’annexe contient des renseignements sur le programme À LA SOURCE.


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1.5 Aide en matière d’efficacité énergétique

Les entreprises qui ne disposent pas du savoir-faire ou des ressources humaines requises peuvent aller chercher les connaissances sur le marché industriel pour cerner, appuyer et mettre en oeuvre des mesures d’efficacité énergétique. Un grand nombre d’entreprises de services éconergétiques se sont taillé une place en cernant les possibilités et en mettant en oeuvre des projets d’améliorations éconergétiques. Elles peuvent proposer des moyens de financement novateurs et offrir des garanties relativement aux économies que permettront de réaliser les projets. Les firmes d’ingénierie et les fabricants d’équipement s’avèrent également de bonnes sources d’information sur les technologies et les tendances du marché.

Une approche courante est d’établir un lien avec un fournisseur indépendant, lequel mettra en oeuvre des projets en tenant compte des intérêts de l’entreprise qui fait appel à ses services et n’embauchera que les spécialistes qui ajouteront de la valeur au projet visé. Un bon fournisseur de services veillera également à la valeur environnementale du projet et à ce que l’entreprise reçoive une aide des services publics aux moments opportuns. Il demandera également toute aide offerte par les gouvernements fédéral et provinciaux au moment du projet.

Certains volets du processus, des activités ou de la stratégie d’une entreprise peuvent avoir été analysés ou étudiés par le passé. Il existe un grand nombre d’excellentes publications pour aider les entreprises à cerner les possibilités et mettre en place des mesures d’efficacité énergétique. Le Guide de planification et de gestion de l’efficacité énergétique du Programme d’économie d’énergie dans l’industrie canadienne (PEEIC) est un bon point de départ. L’annexe renferme de l’information sur la façon de commander ce guide.


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1.6 Engagement envers l’efficacité énergétique

Afin d’assurer une saine gestion de l’énergie (voir la figure 1), il est essentiel pour une entreprise d’obtenir des données à tous les niveaux. Les planificateurs financiers doivent établir des paramètres économiques acceptables, les directeurs et les superviseurs d’installations doivent bien comprendre les procédés utilisés et le chef de projet doit veiller à ce que toutes les activités soient dirigées par les personnes appropriées. Enfin, afin de bien mettre en oeuvre les mesures, on doit avoir accès à un savoir-faire technique.

Triangle des éléments essentiels pour la réussite d'un projet

Figure 1. Triangle des éléments essentiels pour la réussite d’un projet

Avant de réaliser des économies, les entreprises doivent souvent surmonter des obstacles communs aux projets d’efficacité énergétique, notamment :

  • le peu de connaissances sur les possibilités
  • le peu de connaissances sur la façon de procéder
  • le faible soutien de la direction
  • la faible priorité accordée à l’énergie ou aux services publics
  • des ressources financières (compétition pour les capitaux) ou humaines limitées
  • le peu de responsabilisation à l’interne pour les mesures
  • les risques perçus liés au changement

Les projets d’efficacité énergétique devraient être mis en oeuvre de façon logique et rationnelle. Il est souhaitable de prévoir une période entre les projets pour analyser les répercussions des mesures appliquées. Le chevauchement de projets peut semer la confusion et rendre plus difficile la mise au point de chaque mesure pour l’obtention d’un maximum d’avantages. En outre, il sera plus facile de déceler les problèmes posés par des changements particuliers et ces problèmes pourront être réglés sans effet à long terme.

Pour déterminer le coût des projets d’efficacité énergétique, il faut calculer l’ensemble des frais, y compris les taxes et l’amortissement des coûts des immobilisations. Dans un effort de promotion de l’efficacité énergétique et de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, les gouvernements fédéral et provinciaux ont établi une législation et une réglementation fiscales favorisant les incitatifs et l’amortissement accéléré. Les entreprises devraient s’informer auprès de leur comptable sur la façon dont cette réglementation s’applique aux projets visés.

Il arrive souvent qu’on tienne compte des coûts de remplacement des biens d’équipement uniquement vers la fin de la vie utile de l’équipement. Cette façon de procéder retarde presque toujours des projets rentables et des économies d’énergie. Lorsque les projets sont rentables pour des activités particulières, il est préférable d’apporter les améliorations à l’équipement ou de le remplacer le plus tôt possible afin de réaliser sans tarder des économies.

Par exemple, la période de récupération pour le remplacement d’un moteur ordinaire qui tombe en panne par un appareil à haut rendement est de six mois, comparativement à cinq ans pour le remplacement d’un moteur ordinaire nouvellement installé. Si une entreprise fixe à trois ans la période de récupération des projets mis en oeuvre, elle peut alors remplacer les moteurs ordinaires par des appareils à haut rendement après un certain nombre d’années d’utilisation et lorsque le coût des moteurs a été suffisamment amorti.

Sauf indication contraire, on a calculé dans le présent guide les périodes de récupération à la fin de la durée de vie de l’équipement en place. De cette façon, les décisions prises dans d’autres situations seront basées sur des facteurs financiers particuliers.


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