Le secteur industriel englobe toutes les activités liées à l'exploitation forestière et minière, à la construction ainsi qu'à toutes les industries manufacturières; il exclut cependant la production d'électricité. Ce secteur utilise l'énergie pour les procédés industriels, en tant que force motrice pour produire de la chaleur ou de la vapeur. Globalement, la demande d'énergie du secteur industriel représente 38,4 p. 100 (3 277 petajoules) de la consommation d'énergie secondaire et 33,6 p. 100 (170 mégatonnes) des émissions de gaz à effet de serre (GES) (incluant celles liées à l'électricité).
Dans le secteur industriel, les industries des pâtes et papiers, de l'exploitation minière, du raffinage du pétrole, et de la fonte et de l'affinage sont les plus gros consommateurs d'énergie. En 2004, environ 26,7 p. 100 de la demande d'énergie industrielle globale émanait de l'industrie des pâtes et papiers (voir la figure 5-1).
Dans la plupart des industries, les achats d'énergie ne constituent qu'une infime partie des dépenses totales. Cependant, dans certaines industries relativement énergivores – ciment, aluminium, pâtes et papiers, sidérurgie et produits chimiques –, cette part est supérieure à 11 p. 100 (voir la figure 5-2). Dans le cas du ciment, elle atteint 38,7 p. 100.
La consommation d'énergie réelle du secteur industriel s'est accrue de 20,6 p. 100 (560 petajoules) entre 1990 et 2004. Cette hausse est attribuable à une augmentation de 40,4 p. 100 de l'activité, laquelle correspond à une combinaison d'unités physiques de production, de production brute et du produit intérieur brut (PIB). Toutefois, une partie de l'augmentation de la consommation d'énergie qui aurait découlé de l'intensification de l'activité a été compensée par l'amélioration de l'efficacité énergétique et des changements structurels – un virage vers des industries moins énergivores (comme celle des produits électriques et électroniques).
Trois facteurs principaux ont influé sur la consommation d'énergie :
La figure 5-3 illustre l'évolution de la consommation d'énergie entre 1990 et 2004 et les économies d'énergie estimatives réalisées grâce à l'efficacité énergétique.
Entre 1990 et 2004, on a enregistré une hausse de 19,7 p. 100 des émissions de GES du secteur industriel, incluant les émissions liées à l'électricité. Si l'on ne tient pas compte de ces dernières, la hausse des émissions s'établissait à 13,2 p. 100 au cours de la même période. Cette hausse des émissions de GES directes est principalement attribuable à l'industrie minière en amont, puisque les industries de l'exploitation minière (sauf les activités en amont), de la fabrication et de la construction ont connu une baisse de leurs émissions de GES de 2,7 p. 100.
Ressources naturelles Canada (RNCan) a lancé des initiatives en vue d'améliorer l'efficacité énergétique dans les domaines suivants du secteur industriel :
Objectif : Aider l'industrie canadienne à tirer parti des investissements dans l'efficacité énergétique pour améliorer sa productivité et sa compétitivité, et contribuer à la réalisation des objectifs du Canada à l'égard des changements climatiques.
Le PEEIC est un partenariat exceptionnel entre l'industrie et le gouvernement visant à promouvoir et à encourager l'amélioration de l'efficacité énergétique et la réduction des émissions de GES par le truchement de mesures volontaires dans tous les secteurs industriels du Canada, y compris les secteurs de l'exploitation minière, de la fabrication, de l'exploitation forestière, de la construction, de la production d'hydrocarbures en amont et de la production d'électricité.
Le PEEIC compte 26 groupes de travail (dont quatre groupes régionaux) qui mettent en commun l'information et les pratiques exemplaires et plus de 1 000 Innovateurs énergétiques industriels (entreprises engagées volontairement et par écrit à devenir plus éconergétiques et à soutenir les initiatives du Canada en matière de changements climatiques). Il a par ailleurs établi des partenariats avec 52 associations industrielles qui diffusent de l'information et donnent des conseils en matière d'efficacité énergétique à leurs membres.
L'approche à multiples facettes du PEEIC est centrée sur l'introduction d'innovations technologiques pour susciter des changements de comportement et sur la modification de la culture organisationnelle afin d'amener une transformation durable du marché. Les outils et services offerts par le PEEIC comprennent des tribunes et des conférences au sujet de l'énergie, des produits de communication comme des sites Web et des bulletins d'information, des guides techniques, des analyses comparatives dans le domaine de l'énergie et des pratiques exemplaires, des ateliers de gestion de l'énergie « Le gros bons $ens », des vérifications énergétiques à frais partagés et des études sur l'intégration des procédés, de même que la mise à disposition de données techniques concernant les critères d'admissibilité aux systèmes d'énergies renouvelables ou d'efficacité énergétique, afin d'obtenir des déductions pour amortissement accéléré (catégories 43.1 et 43.2 de la Loi de l'impôt sur le revenu).
Principales réalisations en 2005-2006
Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez le site
oee.rncan.gc.ca/industriel/peeic.cfm
Objectif : Concevoir, mettre au point et déployer des technologies de production d'électricité à partir de combustibles fossiles qui sont plus efficaces et qui permettent de réduire et, à plus long terme, d'éliminer les émissions de précurseurs acides, de GES, de particules et de substances d'intérêt prioritaire désignées – le mercure, les éléments traces et les composés organiques.
Les travaux de recherche sont axés sur l'amélioration du rendement et la réduction des émissions des centrales électriques à combustibles fossiles existantes de même que sur la mise au point de nouveaux cycles avancés de la conversion des combustibles fossiles en électricité, laquelle s'accompagne du captage et de l'élimination complète ou presque des émissions de dioxyde de carbone (CO2) et d'autres substances. Les questions traitées par les autres projets de recherche incluent le transport et le stockage du CO2.
Principales réalisations en 2005-2006
Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez le site
rncan.gc.ca/es/etb/cetc/cetc01/htmldocs/Groups/clean_electric_power
_generation_f.htm
Objectif : Résoudre les problèmes liés aux procédés industriels et mener des recherches dans des domaines très prometteurs sur les plans environnemental et économique.
Les installations du Programme de traitement et de catalyse environmentale, notamment des usines à semi-échelle pilotes, servent à mettre à l'essai des procédés et à évaluer des concepts originaux en matière de conversion chimique et énergétique, dont la production d'hydrogène à partir d'hydrocarbures et de sources d'énergie renouvelables. Le programme compte parmi ses clients des sociétés pétrolières et gazières, des entreprises de produits pétrochimiques, des constructeurs de moteurs, des usines de recyclage et de récupération de l'huile usée, et des fabricants de céramiques spéciales.
Principales réalisations en 2005-2006
Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez le site
rncan.gc.ca/es/etb/cetc/cetc01/htmldocs/home_f.htm
Objectif : Soutenir la mise au point et l'adoption de pratiques éconergétiques novatrices dans l'industrie canadienne en vue d'améliorer son efficacité énergétique et sa productivité tout en réduisant les émissions de GES et autres répercussions environnementales.
Le programme d'optimisation des procédés industriels est centré sur des techniques d'analyse des procédés industriels à l'échelle de l'usine, comme l'intégration des procédés (IP) et les systèmes perfectionnés de contrôle des procédés, afin de relever et de corriger les lacunes de rendement dans la conception et l'exploitation d'une usine, en tenant compte des aspects énergétiques, économiques et environnementaux. Il poursuit son objectif en effectuant des travaux de recherche-développement et en s'appuyant sur la collaboration au pays comme à l'étranger. En outre, le programme diffuse de l'information technique visant à inciter des secteurs ciblés à haute intensité énergétique de l'industrie canadienne, dont les pâtes et papiers, la valorisation et le raffinage du pétrole, les produits pétrochimiques, l'acier, les produits chimiques, le bois massif ainsi que l'alimentation et les boissons, à adopter ces techniques et pratiques.
Principales réalisations en 2005-2006
Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez le site
cetc-varennes.rncan.gc.ca/fr/indus.html
Objectif : Encourager et appuyer la création et l'application, dans le secteur industriel, de procédés, de produits, de systèmes et d'équipement éconergétiques et écologiques à la fine pointe de la technologie.
Le Programme de recherche et de développement énergétiques dans l'industrie offre une aide financière pour les activités de recherche-développement (R-D) appliquée qui sont confidentielles sur le plan commercial. La contribution versée est remboursable si le projet est rentable. Les clients du programme proviennent de tous les secteurs industriels et vont des petites et moyennes entreprises aux multinationales.
Principales réalisations en 2005-2006
Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez le site
nrcan.gc.ca/es/etb/cetc/cetc01/htmldocs/Publications/ierdpublications/
factsheet_industry_energy_r&d_f.htm
Objectif : Appuyer le recensement et l'essai de nouvelles techniques énergétiques.
Dans le cadre du Programme des nouvelles techniques, des projets sont gérés conjointement et sur une base de partage des frais avec l'industrie et d'autres intervenants, comme les services publics de gaz naturel et d'électricité, d'autres administrations publiques et des fabricants d'équipement. Une aide financière est octroyée pour la création d'usines pilotes et de prototypes, ainsi que pour les essais, sur le terrain et en grandeur réelle, afin d'en évaluer le rendement fonctionnel, l'efficacité énergétique et les répercussions environnementales. Cette aide de RNCan est remboursable à même les économies de coûts ou les revenus découlant des projets.
Principales réalisations en 2005-2006
Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez le site
rncan.gc.ca/es/etb/cetc/cetc01/htmldocs/Groups/Funding%20Programs/
fundprog_emerging_technologies_f.htm
Objectif : Aider les grands consommateurs d'énergie industriels à réduire l'intensité énergétique de leurs activités, leurs émissions de GES et les émissions d'autres polluants atmosphériques, tout en améliorant la compétitivité et la rentabilité.
Les procédés de combustion constituent les principales sources d'émissions de GES du secteur industriel. Du fait que la plupart des usines industrielles connaissent de faibles rendements thermiques (de 15 à 50 p. 100), il est possible d'augmenter considérablement l'efficacité énergétique et la productivité du secteur industriel, tout en réduisant grandement les émissions de GES.
Les travaux de RNCan dans ce domaine comprennent la transformation de l'interaction du système de combustion et des procédés au moyen de technologies et d'outils perfectionnés. RNCan a offert des ateliers techniques faisant intervenir d'importants secteurs de l'industrie (acier, mines, fonderies et affinage, ciment, chaux et pâtes et papiers) ainsi que le PEEIC, des associations industrielles et des entreprises afin de définir et d'orienter des partenariats visant l'élaboration d'un programme de R-D en combustion industrielle générique et des applications pour tirer parti de ces possibilités prometteuses de réduction d'au moins 10 à 50 p. 100 de la consommation d'énergie et des émissions de GES. En outre, RNCan participe à la mise au point d'outils et de technologies génériques applicables à divers secteurs industriels, combustibles et fours.
Principales réalisations en 2005-2006
Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez le site
rncan.gc.ca/es/etb/cetc/cetc01/htmldocs/Groups/industrial_innovation_f.htm
Objectif : Réduire les émissions de GES du secteur canadien des minéraux et des métaux en améliorant les procédés et les pratiques de recyclage des minéraux et des métaux, en encourageant le remplacement du ciment dans le béton par des ajouts cimentaires et en évaluant d'autres procédés de production.
Géré par la Direction de la technologie minérale de CANMET, le Programme des minéraux et des métaux a été lancé dans le cadre du Plan d'action 2000 du gouvernement du Canada sur le changement climatique. Ce programme quinquennal, qui a pris fin en mars 2006, avait comme objectif de réduire les émissions de GES de 1,65 million de tonnes d'équivalent CO2 par an d'ici 2010. Il se composait de deux initiatives : 1) l'initiative de recyclage amélioré qui visait à accroître les possibilités du Canada dans le recyclage de l'ensemble des matériaux, en élaborant de nouvelles approches et en améliorant l'infrastructure, les pratiques et les politiques actuelles de recyclage; 2) l'initiative de réduction améliorée qui soutenait les activités visant à augmenter le recours aux ajouts cimentaires dans le béton pour remplacer le ciment Portland (ce qui réduit l'intensité des GES dans la production du béton) et examinait les procédés pour mieux les comprendre en vue de relever de nouvelles possibilités de réduction des émissions dans le secteur industriel des minéraux et des métaux.
Principales réalisations en 2005-2006
Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez les sites
recycle.nrcan.gc.ca/default_f.html
http://rncan.gc.ca/mms/canmet-mtb/mtl/research/concrete_f.htm
Objectif : Réduire la consommation d'énergie et les émissions de GES liées à la ventilation des mines en automatisant l'infrastructure (pour soutenir le mécanisme de distribution basé sur la demande), en assurant l'optimisation et la gestion des réseaux de ventilation et en recourant à des technologies qui exigent un moins grand volume d'air.
La ventilation est nécessaire dans les mines souterraines pour assurer un milieu de travail sécuritaire en diluant et en extrayant les polluants nocifs (les poussières et les gaz) et en fournissant des conditions de température convenables pour travailler. Assurer une ventilation appropriée peut représenter 40 p. 100 de l'énergie consommée sous terre dans les mines. Les systèmes de ventilation des mines comprennent des redondances afin de convenir à tous les emplacements de production disponibles. Le degré et les effets de ce suréquipement dépendent fortement du type de mine, du minéral extrait et de la méthode d'exploitation minière. Les mines métallifères, habituellement conçues pour fonctionner en permanence au débit maximal (c.-à-d., une demande de pointe dans tous les endroits potentiels de production, 24 heures par jour, 7 jours par semaine), sont désormais dotées de systèmes de ventilation adaptés à leurs besoins en fonction de leur production réelle. Les économies que procure l'efficacité énergétique en période d'appel de puissance hors pointe vont d'une relation linéaire, pour les systèmes de chauffage et de refroidissement, à une fonction cubique pour le système principal de ventilateurs. L'optimisation de la consommation d'énergie, de la réduction des émissions de GES et des coûts est une opération complexe, car elle dépend du profil de consommation particulier (soit l'électricité par rapport aux combustibles et les systèmes de livraison primaires par rapport aux systèmes secondaires), des critères de conception et de l'emplacement géographique de chaque mine, et doit donc être évaluée au cas par cas.
Principales réalisations en 2005-2006
Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez les sites
rncan.gc.ca/mms/canmet-mtb/mmsl-lmsm/mines/air/air-f.htm