En 2004, les Canadiens ont dépensé près de 135 milliards de dollars en énergie pour chauffer et climatiser les habitations et les bureaux, faire fonctionner les voitures et les appareils ménagers, et mettre en oeuvre des procédés industriels. Plusieurs facteurs ont eu une incidence sur la demande d'énergie au pays : les vastes étendues, un climat nordique qui se distingue par d'importantes variations saisonnières de température et une économie qui repose sur l'abondance de ressources naturelles.
Types de consommation d'énergie
Il existe deux grands types de consommation d'énergie : primaire et secondaire. La consommation primaire englobe l'ensemble de la consommation d'énergie au pays, y compris l'énergie utilisée pour transformer une forme d'énergie en une autre – comme le charbon en électricité – et celle employée pour acheminer l'énergie aux consommateurs. La consommation secondaire comprend la consommation d'énergie utilisée à des fins résidentielles, agricoles, commerciales et institutionnelles, industrielles et de transport.
Voici les principaux points saillants de la consommation d'énergie :
Le plus énergivore des secteurs, le secteur industriel, était à l'origine de 38,4 p. 100 de l'ensemble de la consommation d'énergie secondaire au pays en 2004. Le secteur des transports occupait la deuxième place (28,9 p. 100), suivi du secteur résidentiel (16,6 p. 100), du secteur commercial et institutionnel (13,7 p. 100), et du secteur agricole (2,4 p. 100).
Promotion de l'efficacité énergétique
Depuis une dizaine d'années, Ressources naturelles Canada (RNCan) fait la promotion de l'efficacité énergétique et de l'utilisation d'énergies de remplacement pour réduire les émissions de GES et économiser de l'argent. À cette fin, le Ministère fait appel à une grande diversité de moyens d'action, y compris le leadership, l'information, les initiatives volontaires, les stimulants financiers, la recherche-développement et la réglementation.
La Loi sur l'efficacité énergétique, entrée en vigueur en 1992, autorise l'adoption et l'application de règlements concernant des niveaux minimaux de rendement énergétique dans le cas des produits consommateurs d'énergie, de même que l'étiquetage de ces produits et la collecte de données sur la consommation d'énergie. Le Règlement sur l'efficacité énergétique y afférent est décrit au chapitre 2.
Intensité énergétique et efficacité énergétique
Comme on l'explique au chapitre 1, même si l'efficacité énergétique est parfois exprimée en termes d'intensité énergétique globale, ces deux expressions ne renvoient pas au même concept. Il importe d'en saisir la distinction pour comparer le Canada avec d'autres pays. L'intensité énergétique est une mesure plus générale qui englobe non seulement l'efficacité énergétique, mais également l'incidence des fluctuations des conditions météorologiques et l'évolution de la structure de l'économie (entre autres aspects). Bien que le Canada affiche une intensité énergétique globale supérieure à celle de la plupart des pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), il a considérablement amélioré ses résultats en ce qui concerne l'efficacité énergétique. Selon un rapport1 sur la situation dans 13 pays qu'a publié récemment l'AIE, le Canada se classe au quatrième rang au chapitre du rythme d'amélioration de l'efficacité énergétique.
Évolution manifeste
Comme on l'explique dans ce rapport, la récente hausse de la consommation d'énergie est principalement attribuable à l'intensification de l'activité dans divers secteurs; toutefois, cette hausse aurait été beaucoup plus marquée n'eût été de l'amélioration de l'efficacité énergétique. Tel qu'on le souligne au chapitre 1, l'amélioration de l'efficacité énergétique entre 1990 et 2004 aurait contribué à réduire les émissions de GES de presque 53,6 mégatonnes et les dépenses énergétiques de 14,5 milliards de dollars, en moyenne, pour la seule année 2004.
Au cours de cette période, le secteur résidentiel a enregistré des gains d'efficacité énergétique de 21 p. 100. Les chiffres pour les secteurs des transports (17,6 p. 100), industriel (11,5 p. 100) et commercial et institutionnel (0,4 p. 100) démontrent bien que des améliorations à ce chapitre sont apportées dans l'ensemble de l'économie.
En améliorant l'efficacité énergétique, les Canadiens peuvent réduire leur facture énergétique et atteindre d'importants objectifs environnementaux. À court terme, les virages en faveur de combustibles qui dégagent moins de GES (p. ex., le passage du charbon au gaz naturel) peuvent contribuer à réduire les émissions de GES. À long terme, en revanche, il faudra davantage faire appel aux énergies de remplacement pour réduire encore plus les émissions de GES.
Ces dernières années, la production d'énergie provenant de sources non traditionnelles a grandement augmenté. Entre 1990 et 2003, la dernière année pour laquelle nous disposons de données, la quantité d'électricité produite à partir des énergies solaire, éolienne et de biomasse a augmenté de 302 p. 100.
Mobilisation des Canadiens
Pour optimiser l'efficacité de ses initiatives, RNCan mise sur l'engagement d'un nombre croissant de partenaires des secteurs public et privé. Des dizaines d'ententes de collaboration ont été conclues avec un large éventail d'entreprises, de groupes communautaires et d'autres ordres de gouvernement.
Ces initiatives invitent la société canadienne ainsi que tous les secteurs de l'économie à adopter de nouvelles mesures plus efficaces relativement à la consommation d'énergie secondaire, ainsi qu'à mettre au point et à déployer des sources d'énergie renouvelables.
Ce rapport offre un aperçu des travaux en cours dans chaque secteur, met en lumière les programmes de RNCan axés sur l'efficacité énergétique et les énergies de remplacement (EEER), et énumère leurs principales réalisations en 2005-2006. Chaque chapitre renferme une description des programmes propres au secteur visé. La description des programmes visant la transformation du marché comprend en outre des indicateurs quantitatifs du rendement sous forme de graphiques ou de tableaux (voir ci-dessous). La liste des initiatives et des dépenses de RNCan en matière d'EEER figure à l'annexe 1.
Indicateurs de rendement soulignés dans le rapport
¹ Agence internationale de l'énergie, Oil Crises and Climate Challenges – 30 Years of Energy Use in IEA Countries, Paris, 2004.